Carnet d'écriture

Carnet d'écriture

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Les oiseaux blottis

les oiseaux blottis
dans la muraille du jardin
crépuscule pluvieux

l’été dernier
sur la muraille chaude
la sieste de deux chats

sur la muraille en pierre
toutes collées les feuilles
rouges et jaunes

ses mains
sur la muraille du jardin
abîmées

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Automne profond

automne profond

beau au loin le dégradé

des feuillages roux

seule l’envie de courir

disparaît sur les graviers

Revue du tanka francophone, n° 47

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Souvenir flouté

souvenir flouté ~

les rues de mes premiers pas 

sombres et étroites

et sur leurs pavés trébuchent 

de fins rayons de soleil 

Revue du tanka francophone, n° 47

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Petit matin

petit matin –

les rêves s’échappent

par la fenêtre

Sélection Coucou du Haïku, thème « fenêtre », avril 2021

Revue Libelle, n° 334, septembre 2021

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Printemps 2020

printemps 2020

déserté le miroir d’eau

de la Belle Endormie*

Haïku training, Coucou du Haïku, avril 2021

Florilège 2021, « les terroirs, les territoires », Dossiers d’Aquitaine

*Bordeaux

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Fin d’été

fin d’été ~

flottant dans l’eau claire

plumes de mouette et feuilles mortes

夏果る水面に羽と枯葉かな  千秋

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Profondeur du bois

profondeur du bois –

laissant le banc aux fougères

ils vont enlacés

森深し羊歯茂る傍で抱き合えり 光晴

© Photo Rosita Garcia

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Un vilain petit chaperon rouge

Qualifié Short Edition, Grand Prix du Court, Hiver 2019

La pauvre mère était aussi rouge que la cape et le bonnet de sa fille réunis. L’enfant s’agitait dans tous les sens, tapait du pied, criait. Elle montrait ses dents qui étaient de grandeur inégale ou pas du tout présentes dans cette petite bouche qui se tordait, bavait et crachait son mécontentement le plus grand. 

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Regard oblique

Qualifié – Short Edition – Grand Prix Hiver 2019

Je ne pensais pas que Robert* le ferait. Il m’avait pourtant assuré qu’il aimait photographier, sur le vif, des inconnus et que son domaine de prédilection était la rue. Il s’amusait, me disait-il, avec son appareil, à capter et immortaliser telle ou telle attitude ou émotion fugace chez des passants trop occupés par leurs propres soucis pour s’apercevoir de sa présence. Il œuvrait comme un chef d’orchestre talentueux dont les musiciens silencieux se prêtaient au jeu sans le savoir. Véritable metteur en scène, il dirigeait, par le seul déclenchement de son appareil, des acteurs inconnus qui demain passeraient peut-être de l’ombre à la lumière.

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La photo de ma mère

Qualifié Short EditionGrand Prix du Court – été 2021

Comment dire ? J’aime cette photo d’identité au ton sépia que j’ai insérée dans un tout petit porte-photo et déposée sur une commode bien en évidence. Depuis toujours, depuis l’enfance, cette photo m’accompagne, me suit. C’est une photo de ma mère au plus haut de sa forme. Pour me représenter ma mère, la seule et l’unique photo à choisir pour moi est, comme une évidence, cette photo ancienne, qui témoigne de sa jeunesse, une photo avant ma naissance.

Il y a des semaines ou même des mois que j’ai envie d’écrire sur ma mère. J’avais pensé d’abord écrire un poème, j’avais noté quelques idées et rangé cela dans un coin de ma mémoire pour plus tard, pour une période où je serais plus disponible.

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Gris pigeon

Qualifié Short Edition – Grand Prix du Court – Hiver 2018 – 2019


J’ai devant les yeux un voile gris, un rideau rêche et presque opaque qui sent la naphtaline. Mes yeux s’écarquillent et réussissent à voir à travers la toile. De l’autre côté, tout est gris, ni tout à fait clair, ni tout à fait sombre. Les bruits qui me parviennent ont eux aussi la couleur grise des bruits étouffés. Mes souvenirs filent un bon coton et s’amusent à jouer avec la lumière. Si une ombre passe, c’est une armada de grisaille qui prend alors le pouvoir. Loin d’être monotone, cette flotte me berce et me renvoie des années en arrière, loin, très loin… Presqu’au bout du chemin parcouru… Le sein maternel est une gourmandise si apaisante et réconfortante…

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Carte du nouvel an

carte du nouvel an

la chaleur des mots écrits à la main

年賀状手書きの言葉の温かさ 美音
手書きには温もりのあり賀状来る  千秋

Revue internationale Haïkukaï, février 2021

Revue Université du Haïku, vol. 7, juin 2022

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Qui a tué le Dr Lenoir ?

Nouvelle policière, lauréate du Concours « les Encrivores 2018 », Gironde

Quartier Nansouty à Bordeaux. Dans la cuisine toute en inox de son échoppe qu’il a lui-même entièrement rénovée, le capitaine de police Boris Venturino s’affaire et se réjouit d’avance. Voilà dix jours en effet qu’il est aux trousses d’une certaine langue de bœuf à l’écarlate dont il sent l’issue proche : aujourd’hui, il va finaliser le travail victorieusement. Dans la boîte à viande du frigo, sa marinade est fin prête et n’attend plus que lui. Lui qui a choisi avec soin ses ingrédients au marché des Capucins ; lui qui les a préparés minutieusement en les laissant doucement macérer dans un mélange de poivre, clou de girofle, ail, laurier, huile d’olive et salpêtre ; lui encore qui était là pour retourner la langue tous les deux jours et vérifier qu’elle trempe correctement. A présent, il s’apprête à la faire cuire lentement dans un bouillon aromatique afin de révéler toutes ses saveurs. Lui, le dur, il doit encore peler et émincer l’oignon non sans verser au passage une petite larme. Alors qu’il est en train de rincer la langue à l’eau froide avant la cuisson, son téléphone sonne. On l’informe qu’un corps a été découvert à l’Escape Game Queen – allée Eugène Delacroix – derrière la gare Saint-Jean. Il s’agit d’une mort pour le moins suspecte. Le corps est celui de Faustine Dupon, 41 ans.

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Fin d’automne

晩秋や錨大気に浮いてをり 美音

fin d’automne

le murmure des ancres

flotte dans l’air

© Photo 16h31 Nicolas F.Vargas